lundi 2 novembre 2009

café névé




Atmosphère décontractée, gens sympa, excellent café et sandwichs délicieux.



On s'y plait seul ou accompagné.


151 Rachel est, coin De Bullion



Le Loup



Dernière parution musicale intéressante, Le Loup - Family


critique sur pitchfork




Tendresse




mercredi 28 octobre 2009

Invisible








Photos de Liu Bolin


samedi 26 septembre 2009

Mort & vie



Les morts n'empêcheront jamais les vivants d'être en vie.



mercredi 9 septembre 2009

Extrêmement fort & incroyablement près



samedi 5 septembre 2009

Clues



Clues est un groupe montréalais formé entre autre de Alden Penner, ancien membre de The Unicorns. En spectacle pour Pop Montréal, le 1er octobre au Cabaret JPR.

C'est l'album que j'écoute constamment ces temps-ci. Une écoute grandissante et addictive, qui fait son effet autant à court terme qu'à long terme: le premier soir, je l'ai écouté trois fois d'affilé, très souvent par la suite et les mélodies, qu'on se surprend à fredonner assez souvent, restent en tête et popent comme un juke box. Déjà un classique dans ma collection, il est sans conteste en première position dans mon top 2009.


jeudi 27 août 2009

Limbes - 3e partie



Le Fantasme de Mort, c'est descendre à vélo cette côte à pic et s'imaginer qu'une fois en bas, le feu de circulation tourne au rouge, sans qu'on ne frêne. On se laisse alors aller à la vitesse et au vent, les bras lousses et les yeux fermés. Une voiture qui arrive très vite fauche la bicyclette, qui se tord et se brise, le corps se projette sur le capot puis sur le pare-brise, avant de s'envoler vers l'avant ou l'arrière, à des mètres de là, pratiquement dans un autre univers. On roule et bascule longtemps, le crâne se fracasse, se fend, le sang s'étend et se répand, les os veulent prendre l'air... Et c'est là où on la touche, elle est tout près, cette Mort vivante qui pulse si violemment dans les veines, qui pompe et purge le sang...

Ce Fantasme de Mort ne se passe que dans l'action, dans ces situations grandioses et périlleuses. On ne le voit jamais dans le quotidien, ni lorsqu'on célèbre la nouvelle année amèrement et qu'après un accident des plus banals, on doive nous conduire aux urgences.

- Debout 24 heures?
- Pas forcément debout, me répond bêtement le médecin. Mais en tout cas, tu dois rester réveillé.

Bientôt, dans plus ou moins deux trois heures, ça en fera déjà 24 bonnes que je suis réveillé. Et ce gars-là me dit qu'il faut que je tienne encore le double?

- Vous pouvez pas me faire une prescription qui pourra me faire tenir jusque là, au moins?
- Je peux rien te faire prendre, ça pourrait être dangereux à cause de ta commotion. Tout ce que je peux te dire, c'est qu'il faut que quelqu'un soit toujours avec toi, pour te réveiller aux demi-heures pour empêcher que tu tombe dans le coma.

C-O-M-A. quatre lettres qui me font rêver. Les limbes, l'inconscient, tout s'arrête...

- Moi, je vais être là pour toi, me dit Eve-Marie, tout sourire. C'est de moi que t'as besoin, poussin. T'es perdu en ce moment.

Le médecin nous dévisage, dégoûté. Un autre amer.

- Me reste plus qu'à te souhaiter bonne chance et espérer ne pas te revoir ici, qu'il me dit en poussant la porte. Bonne journée, poussin.

Eve-Marie me regarde et moi, je regarde ailleurs.

- Je te reconduit à ton lit? Je vais être ta petite infirmière cocho...
- Pourquoi tu penses que j'aurais besoin de toi, Eve-Marie?
- Quoi?
- Pis qu'est-ce que tu fais ici, au juste? On est plus ensemble, faudrait que t'en revienne!
- Je suis là pour t'aider...
- Non! Mes amis, dans la salle d'attente, eux sont là pour m'aider. Ils m'ont pas pété une coche quand je suis tombé. Ils m'ont amené ici, gentiment. Toi, t'es juste là pour me ravoir. Mais cette fois-ci, c'est pour de bon, ma belle. J'ai fini de faire le petit chien.
- Tu le sais pas tout ce que j'ai pu faire pour me retrouver ici avec toi!
- Oui je le sais, entre autre une pipe à Capi. Laisse faire les détails, je vois largement le portrait.

Elle ne dit plus rien. Je sens que ça bouille en dedans. Eve-Marie regarde vers moi mais je sais qu'elle ne me vois plus. Soudainement, d'un mouvement brusque elle prend son sac, me fixant toujours sans cligner des yeux. Elle recule, ouvre la porte, s'en va.

J'attend. Elle ne peut pas partir simplement comme ça, elle va forcément revenir pour m'achever. Après quelques minutes, je baisse la garde et pousse un long soupir de soulagement. Et c'est à ce moment que j'entend s'ouvrir la porte...

- Qu'est-ce tu fout?
- Ah, Alex! que je lui dis, étonné.
- Te sens-tu d'attaque pour aller déjeuner? Les autres nous attendent.
- Ok, j'arrive.

Dans le couloir, c'est vide et silencieux.

- Je vais avoir besoin de vous autres aujourd'hui...
- De quoi tu parle? Moi je m'en vais juste me coucher après la bouffe, rien d'autre.
- On verra, on verra... Faut que je tienne 24 heures debout, sinon c'est le coma.
- Écoute, je t'aime ben, mais tu verra ça avec les autres. J'ai fais ma B.A.

On embarque tous dans la Volvo et je m'arrête un instant à les regarder un après l'autre, content de les avoir avec moi. Maintenant je m'en vais, je me sens hors de danger, tant que mes amis sont là.

On s'arrête à une lumière rouge et Alex se retourne vers moi.

- Eve-Marie est partie comme une flèche, elle avait l'air en beau sacrament...
- Ouin, je pense qu'elle a enfin compris que c'était pour vrai, cette fois-là.
- Si t'es sûr de ton affaire, ça doit être une bonne chose.

La lumière passe au vert. Alex donne du gaz et j'imagine à cet instant un dix roues arriver à notre gauche, nous fonçant dessus, sans ralentir. Alex lève les bras pour se protéger le visage, réflexe inutile mais purement humain. J'ai le temps de me retourner un instant, pour voir sur la banquette Jean-René et sa blonde Karine se tenant l'un l'autre dans leurs bras, criant vers le camion en comprenant trop bien ce qui s'envient. À côté, Ti-poux est endormi et n'aura jamais conscience de rien, tout béat qu'il est dans la quiétude de son sommeil. Je me retourne et regarde la grille du pare-choc qui grossit pour remplir complètement le paysage. Je ferme les yeux, ne pense plus à rien. Les limbes arrivent.


FIN



jeudi 9 juillet 2009

ROADSWORTH





BANKSY





mardi 30 juin 2009

Limbes - 2e partie



Une fois arrivé dans le stationnement de l'hôpital, j'ai pris soin d'ouvrir la portière avant de vomir. Alex va être content de cette petite attention... sauf que j'ai pas eu le temps de tasser ma jambe.

- Aah, tabarnak!
- Penses-tu que c'est une commotion ou la bière? me demande Ti-Poux mi-sérieux, en riant.
- Je sais pas... Je dirais que c'est moitié-moitié, mais je vais attendre le diagnostique du médecin avant de me prononcer. Je viens de scraper ma paire de jeans propre des fêtes, câlisse...

On est cinq: Jean-René, Karine sa nouvelle blonde, Ti-Poux, Alex pis moi. De même dans le stationnement vide et glissant, on a l'air de sortir d'un mauvais Kevin Smith. C'est beau dire...

- T'as besoin d'un nouveau Kotex? me dit Karine.
- Non, celui-là est encore correct. Merci.

C'est elle qui a eu l'idée. C'est pas fou, quand on se dit que c'est quand même à ça que ça sert au départ, éponger le sang. Comme Alex arrêtait pas de chialer avant d'embarquer dans sa Volvo que j'allais tacher ses bancs et qu'on trouvais rien pour le faire taire, elle a sorti ça de son sac, comme un lapin d'un chapeau.

Dans la salle d'attente, je voulais mourir: Je sent la robine et le vomit, la tête m'élance sans bon sens, Jean-René et Karine sa nouvelle blonde sont l'un sur l'autre et se lâchent pas la face, Ti-Poux et Alex font des duels de chaises roulantes et se rentrent dedans. Tout ça m'irrite au plus haut point, mais je dis rien, je patiente. Jean-René et sa nouvelle blonde peuvent bien se mettre juste là, je m'en fout, ça fera quelque chose à regarder; Ti-Poux et Alex, c'est sûr, vont finir par se faire mal mais bon, on est déjà rendu à l'hôpital fait que...

Je me gratte la nuque et mes doigts glissent sur un genre de sirop chaud, qui me coule le long du cou. Ma serviette est pleine. Je tire sur le manteau à Karine la nouvelle blonde à Jean-René, qui me lance son sac sans se déloger de son nouveau chum. Je me sert, prend le nécessaire et même un peu plus: je trouve une prescription de tranquillisants et m'en enfile trois en me disant que ma condition ne peut pas empirer. Grave erreur: il ne faut pas se leurrer, parce qu'il y a toujours pire.

Pour me distraire un peu et puisque les magazines autour sont aussi intéressant que de se fendre le crâne la veille du jour de l'An, j'observe la faune étrange qui m'entoure et constate que, mis à part les énergumènes qui m'accompagnent, il se trouve dans cette morne salle d'attente de vrais patients. Dans le coin il y a le Père Noël avec le dos barré - ça doit faire une semaine qu'il est là...; à côté des machines, une vieille madame en robe de chambre qui à l'air de chercher son chemin regarde Alex et Ti-Poux d'un oeil méfiant; un gars avec la jambe dans le plâtre joue avec son Gameboy DS. J'ai de bonnes chances de passer le prochain parce que dans la salle, je suis quand même le seul susceptible de tomber dans un coma dû à une fracture ouverte... Bon, Alex et Ti-Poux travaillent fort pour entrer dans la compétition, mais j'étais là en premier.

L'infirmière entre enfin dans la salle alors que les tranquillisants commencent leur effet. J'ai la vision d'un ange, un ange vert avec les cheveux roux. Son visage est illuminé et souriant quand elle prononce mon nom et me demande de la suivre. Je me dis qu'elle m'emmène dans un monde meilleur, alors je me retourne pour saluer mes amis que je laisse derrière. Ils ont compris et m'envoient lentement la main en hochant de la tête avec confiance. Je flotte.

J'arrive, je touche presque à la main que me tend l'Infirmière-Ange et comme mes doigts effleurent le bout des siens, une ombre terrifiante se glisse derrière elle pour poser sa main glaciale sur son épaule. Le doux visage de l'Ange-Infirmière Verte change soudainement et je lis l'effrois dans ses yeux. La voix du spectre se fait entendre.

- Je vais avec vous, dit Eve-Marie. Il va avoir besoin de quelqu'un avec lui.

L'infirmière reste muette et moi aussi. Je marche le long du corridor, encadré par ces deux femmes, littéralement entre l'allégresse légère et la lourdeur de la pulsion de mort. Peut-être ai-je eu quelques écarts temporels dû aux tranquilisants et/ou surdose d'alcool et/ou commotion cérébrale mais, comment Eve-Marie a-t-elle pu se rendre ici aussi vite? Comme si elle lisait mes pensés - non, elle les a lu - elle dit:

- Capi voulait pas venir me reconduire. J'ai eu beau le supplier mais il voulait pas. Y'a fallut que je lui fasse une pipe.

Je me suis arrêter deux secondes pour m'interroger si j'avais bien entendu ce qu'elle venait de dire. Elle me regarde avec ce sourire innocent qui me donne des envies de meurtre. Je me retourne vers l'infirmière, embarrassé.

- C'est pas ma blonde, faites-vous en pas...
- Il m'a crissé là v'là un mois, dit-elle, toujours aussi souriante, à l'infirmière. Vous parlez d'un bon temps pour faire ça, hein? Juste avant Noël!
- Attendez dans l'avant-dernière salle, au bout à droite, dit sèchement l'infirmière avant de s'en retourner. Le docteur s'en vient.

J'ai dû me tromper sur les intentions profondes de l'Ange-Infirmière Verte, c'est en enfer qu'elle me conduisait. Un enfer qui sent l'aseptisé, le formol et le plaster, où l'on vous fait attendre avec votre ex pour vous faire recoudre le crâne. Triste, je l'ai regardé partir au loin, qui se traînait les pieds sur le dallage. Elle n'était plus aussi gracieuse et sa nature vilaine se dévoilait maintenant. Plus jamais, les barbituriques.


À suivre...




samedi 16 mai 2009

Limbes - 1re partie



- Viens au bar, je vais te présenter ma nouvelle blonde.

De la manière qu'il disait ça, j'avais l'impression qu'il me disait: "Viens dans le garage, je vais te montrer mon nouveau char". Même nombre de syllabes, facilement interchangeable. J'ai suivis Jean-René jusqu'au bar.

- Je te présente ma nouvelle blonde, Karine.
- Salut.

Il la tenait par les épaules, dirigée vers moi, comme s'il fallait que je la saisisse aussi, de la même façon, et que je la scrute avant d'y apposer mon sceau d'approbation. J'étais mal à l'aise pour elle, pour lui et pour moi aussi parce qu'au fond, j'en avait rien à battre de tout ça. Ce que j'espérais le plus profondément, c'est que le barman me laisserait prendre un dernier verre même si le last call était passé depuis quinze minutes. Heureusement, Jean-René s'est vite intéressé à autre chose ou quelqu'un, j'ai pu me faufiler entre les gens au bar. Karine la blonde est resté planté là. Je pense qu'elle attendait mais qu'elle était pas encore au courant.

- Aller aller, un petit dernier! Pleasepleasepleaseplease.
- Ok, mais tu farme ta yeule là-dessus, tu le sais que je suis pas supposé. Tiens, décrisse.
- Merci Capi, c'est toi mon best. Bonne année encore!

J'ai levé mon verre.

Quand je regarde autour, je vois juste une masse. Masse de chair, masse de bruit, sans sens. Je ne me souviens plus pourquoi j'était étendu par terre, mais je devais avoir une bonne raison de le faire. Les choses se définissent tranquillement et bientôt je distingue les formes et les mots. Je reconnais un visage, un visage que je n'avais pas vu depuis un bout de temps. C'est mon ex, Eve-Marie.

J'aimerais mieux maintenant que tout redevienne une masse indéfinie, ces limbes dans lesquels je flottais étaient douillets. Je me suis fermé les yeux, juste pour voir.

- T'es-tu correct qu'est-ce qui se passe pourquoi t'es tombé je gage que c'est une autre de tes niaiseries pour faire ton intéressant crisse que t'es cave quand tu veux astie je sais pas pourquoi je m'occupe de toi t'es vraiment con...

Non, on s'en sort pas. Je remarque que ça sent la bière. Que mon chandail est mouillé. Durs constats: l'apparition de l'ex, il n'y a plus rien à boire.

Je me suis simplement levé et j'ai pris la porte. Karine était dans l'entrée, elle m'a fait un beau petit coucou de la main. Je lui ai soufflé un petit bec, je pense qu'elle a pas comprit.

Dehors, il y avait mes amis.

- Viens-t'en, on va t'amener à l'hôpital.
- Pourquoi?
- Tu t'es pas rendu compte que t'a le crâne fendu?
- ah oui?

J'ai touché le derrière de ma tête. C'était mouillé et un peu chaud. Je pense que c'est eux qui ont raison.

- Ok, on va y aller. On peut-tu amener Jean-René pis sa nouvelle blonde?



mercredi 25 mars 2009

Chameau Sauvage

   

   " À l'intérieur, il y avait un Polaroid: Pollux Lesiak qui faisait une petite grimace. À mourir. La matérialisation du charme insaisissable qui renverse, la preuve par l'image, évidente et claire: ce visage à la fois candide et lucide, cette grimace provocante, voilà pourquoi tous les hommes courent après toutes les femmes depuis des millions d'années sans jamais réussir à les toucher. Parce qu'elles sont plus avisées qu'eux, parce qu'elles sont plus courageuses, plus clairvoyantes, plus sage, plus folles, parce que, lorsqu'elles regardent devant elles, toutes les femmes, toutes les femmes ont de la lassitude dans les yeux et de l'envie par-dessus, la résignation et le défi en même temps - elles sourient, et le pauvre bonhomme ne comprend rien. Lui, soit il sait qu''il ne faut rien attendre de l'existence, reste assis et devient cynique; soit il croit bêtement que l'on peut arriver à quelque chose, se lance à l'assaut en brandissant son glaive et tombe dans le vide - et personne ne l'entend crier dans sa chute. Elle, les deux en même temps: elle sait qu'il ne faut rien attendre de l'existence, mais se lance à l'assaut malgré tout, juste pour vivre, sans peur puisqu'elle ne risque pas de tomber. J'allais essayer de faire pareil. Et d'abord, je devais arrêter de raisonner, et agir. Oui, j'allais courir après Pollux et essayer de la toucher. En dessous de la photo, sur la partie blanche, elle avait écrit son numéro de téléphone au feutre noir."

- Le Chameau Sauvage, Philippe Jaenada



samedi 21 février 2009

LIARS

mardi 17 février 2009

Nightclubing


   Le gros Popol vient de rentrer. Ça faisait trois semaines qu'on l'avait pas vu, depuis la dernière fois qui s'est fait barrer à vie de la place. Le boss est clément, il sait que Popol est un bon payeur.
   Je le regarde jusqu'à ce qui soit rendu au bar, dans ma tête ça va au ralentie. Les mouvements de sa graisse font des vagues dans son t-shirt, c'est reposant pour l'oeil. Je regarde ailleurs quand  y'assoit son gros cul sur le tabouret. On vois juste quatre pattes qui lui ressort de là. C'est ben bizarre, j'aime pas trop voir ça.
   Le pusher s'acharne après la machine à toutous depuis une bonne demi-heure. Dommage que ça tilte pas quand y fesse dessus, ça nous donnerais un break. J'irais ben lui dire d'arrêter un peu, de se calmer, mais je comprend rien quand y parle pis je me rappelle plus son nom. Au fond, c'est mieux qui perde son temps sur les toutous pis pas sur les machines à sous. Y devient mauvais dans ce temps-là, violent pis possessif sur les machines. Les toutous, tout le monde s'en sacre, fait que c'est mieux de même.
   Je me commande deux autres bucks. De la bière pas possible, de la vraie pisse. Mais de la pisse qui soûle quand même. Je me demande si ma propre pisse en ferait pas autant, vu le train où je les enligne tout le temps un après l'autre. J'arrête d'y penser, c'est pas des bonnes idées.
   Dire que ça a déjà été une une place à mode, icitte. Un nightclub, avec une file pis toute la gang de morpions qui viennent avec. Je me tenais pas icitte dans ce temps là, non. J'étais à deux coins de rue, dans un vrai trou qui est rendu un dépanneur. Icitte c'était trop propre, trop habillé. J'ai jamais voulu rien savoir de ces niaiseries-là. Quand mon autre bar de marde a fermé, fallait ben que je me trouve une autre place. Le boss avait déjà commencé à ouvrir de jour parce que son nightclub pognait moins. J'ai essayé, rien que pour voir.
   Au début c'était encore respectable. Les filles étaient cute pis le monde était jeune. Ça me coûtait de rentrer à chaque fois que je passait la porte le midi. Ça se revirrait quand je rentrais, là a me regarder, à me scruter comme si j'étais une espèce d'homme pas possible. J'aimais pas ça, mais j'avais pas le choix, c'était le seul bar dans le boute. En fait, j'ai jamais été voir ben ben plus loin, vu que le bar est à deux portes de la mienne. Ça m'adonnait, mettons.
   Tranquillement, les autres crottés ont commencés à rentrer. Les anciens perdus de l'autre taverne se sont mirés icitte pis sont devenus des habitués comme moi. Bozo, Marcotte, Tapette, Claude, Popol, Jean-Marde pis son frère sont rentrés dans le portrait de famille. C'est le même maudit portrait qu'avant, avec les mêmes maudites faces lettes, sauf que c'est le décors en arrière qui à changé. Au goût du jour. J'ai commencé à me sentir mieux, à mieux respirer. Ça devenait plus chez nous.
   Ça pas prit de temps que la place est devenue lette comme nous autres, la bière rendue pas buvable pis on demandait pas mieux. Les jeunes, eux autres, se sont poussés. C'est ben la première fois que les rats rembarquent quand le bateau coule.
   Fait que les temps changent, mais pas moi. Ça fait vingt cinq ans que je suis vieux, le même vieux pareil. Je demande pas rien que m'assir à ma table tout les jours et qu'on me sacre patience. Même si je parle à personne, je sais au moins qu'on me comprend. Je suis pas tu seul, y'en a d'autres.
   À deux heures et demi dans l'après-midi, je sacre mon camp faire ma sieste. Ça fait quand ben rien que depuis à matin que chu là, j'ai finis mon journal depuis un boute. Je reviens tantôt, vers cinq heures, voir si Pauline vient faire son tour. Je l'amène à ma table, j'y dis des mots doux, ça la fait rire.

lundi 16 février 2009

Péremption



J'aimerais avoir une date d'expiration, comme ça je saurais à quoi m'en tenir.



FRÈSH



dimanche 15 février 2009

Nouvelle machine



vendredi 6 février 2009

Culpabilité moderne


   "C'est quoi pour toi la culpabilité moderne?" que Cath m'a demandé l'autre jour. J'ai répondu que pour moi, ça devait être quelque chose comme être témoin d'un crime et être en mesure d'agir contre sans pourtant le faire. 
   Et après, plus j'y ai pensé, plus je me disais qu'il n'y avait pas de culpabilité moderne. La culpabilité se retrouve là où il y a la conscience des actes que l'ont pose, de comprendre que ces actes peuvent avoir des conséquences négatives autant envers les autres qu'envers nous-mêmes. C'est pas le genre de chose qui se modernise ou s'actualise. 
   Je repense à ça aujourd'hui parce que j'ai vu Angie embarquer dans l'autobus tantôt. Je l'ai reconnue tout de suite. Elle est parmi ces personnes que je croise des fois et que je me fais petit dans mon coin, pour pas qu'on me voit. Pas parce que je snobe, mais parce que je saurais pas quoi dire, je saurais pas où regarder. J'ai sentie cette boule que j'ai dans gorge qui me vient quand je feel comme de la marde. Elle s'est assit plus en avant et a débarqué avant moi. Ça m'a soulagé de la voir déscendre même si j'ai continué à feeler tout croche...
   À mon 2e secondaire 5 (eh oui...), j'ai été à mon 2e bal de finissant. Je venais de laisser ma blonde avec qui ça avait été une rupture particulièrement difficile, j'étais lâché lousse comme un chien fou. J'avais les cheveux couleur bizarre, je passait mes soirée avec mes chums, à boire, prendre d'autres substances. C'était l'été, je vivais mon premier célibat post relation sérieuse, mes premières expériences d'appart, de pseudo-colocation, j'était libre libre libre. Je ne me sentais coupable de rien, ne devais rien à personne. C'est quand même drôle comment cette période de plénitude peut aussi être ce temps où j'ai blessé nombre de gens soit par insouciance ou égoïsme, mais du moins jamais par méchanceté. Je suis pas un gars méchant. Ça m'a pas empêché de passé pour un salaud.
   C'est étrange de savoir que je suis le salaud de quelqu'un, le gars qui a pas été correct. On dirait que ça colle pas. 
   Une chose que je suis content par contre, c'est que ces filles que j'ai pu blesser à cette époque ont eu leur revanche sur moi. Délibérément ou non, je le saurai jamais. Autant je peu indéniablement avoir été ce trou de cul pour elles que je ne saurais dire si le fait qu'elles m'aient charmé à nouveau pour mieux m'ignorer par la suite était par pure malice ou par simple désintérêt, comme on jette une vieille guenille salle. Je suis content de savoir qu'elles aient pu se dire "tin mon chien, ben bon" en repensant à moi une dernière fois.

mardi 3 février 2009

Pluie Pourpre


   3 nouveaux messages en une seule journée. Certain diront que j'essaie d'augmenter ma moyenne... mais qui peut m'en blâmer? Ça fait un mois que c'est la panne sèche sur cette page, faut bien y remédier.
   On remercie la reconstitution télévisuelle de l'histoire d'un meurtre que l'on tourne en ce moment chez moi, situation qui me confine au sous-sol de mon appartement. On retrouve le corps démembré de la victime dans le garde-robe de Pat, mon coloc... Jamais je m'en serait douté.
   Ça a commencé ce matin, à 5h45, donc puisque que je dors dans la cave, pas moyen de continuer à dormir plus longtemps... Une chance que ça paye un peu. Je suis en congé aujourd'hui et j'ai rien de mieux à faire de toute façon. J'invente des histoires ridicules, j'ai envie qu'on les lise. Je regarde des émission connes. Ils ont même passé Purple Rain à cinépop. Prince est weird. Délectable. C'est le fun de rien faire.
   

Socrate rencontre Tommy Lee Jones


Socrate :
Je suis content que tu sois passé... Pas eu trop de misère à trouver la place?
Tommy Lee Jones : C'est pas si pire, mais j'avoue que c'est pas évident la première fois! Je connais pas trop le quartier... Ça été un peu dur pour me stationner, par exemple: Je me suis fait piqué ma place deux fois!
Socrate : Ah! ça je comprend! La première année, quand j'ai emménagé ici, ça été rough. J'avais pas de vignette fait que j'ai pogné pas mal de tickets...
Tommy Lee Jones : C'est moins le fun, ça.
Socrate : Je sais. Mais maintenant, plus de problème, j'ai mon propre stationnement privé, souterrain en plus!
Tommy Lee Jones : Wow! Ça c'est cool! Plus besoin de te casser la tête pour déneiger! Crime, je suis jaloux!
Socrate : C'est un peu cher, mais ça vaut la peine quand tu peux te le permettre.
Tommy Lee Jones : De toute manière, ce que tu sauve en contraventions, tu le mets dans le stationnement, alors c'est mieux.
Socrate : T'as probablement raison.
(silence)
Socrate : Veux-tu quelque chose à boire?
Tommy Lee Jones : Ok, qu'est-ce que t'as?
Socrate : De la bière.
Tommy Lee Jones : Il est dix heure et dix...
Socrate : Voui.
Tommy Lee Jones : Je vais te prendre un verre d'eau.
Socrate : J'en ai pas.
Tommy Lee Jones : Voyons, tout le monde à de l'eau!
Socrate : Oui, mais ça fait cheap de juste te donner de l'eau. Tu comprends, c'est gratuit, donc ça veut dire que je suis pas capable de te payer de quoi de convenable.
Tommy Lee Jones : Ben non, inquiète-toi pas, je te jugerai pas de même.
Socrate : Non, ça pourra pas se faire...
(silence)
Tommy Lee Jones : Naya.
Socrate : Quoi?
Tommy Lee Jones : L'eau en bouteille, Naya.
Socrate : Heille décroche un moment donné! Reviens-en de ton verre d'eau!
Tommy Lee Jones : Je veux pas d'alcool, il est trop tôt!
Socrate : Ok mais ce que j'ai avec le moins d'alcool, c'est de la bière. point.
Tommy Lee Jones : Mais ce que je te dis c'est que si tu tiens absolument à me payer quelque chose à boire, commande-moi de l'eau du dépanneur. Je sais pas moi, commande la plus chère, si tu veux, pis donne un généreux pourboire au livreur!
Socrate : Je crois pas à ça, l'eau en bouteille.
Tommy Lee Jones : Hein? De quoi tu parles?
Socrate : C'est très simple: Pourquoi payer pour de l'eau quand on peut en avoir gratuitement du robinet? Parce qu'elle est en bouteille? C'est ridicule.
Tommy Lee Jones : C'est exactement ce que je te dis depuis tantôt!
Socrate : Ce que je dis, moi, c'est que ce serait  écoeurant si l'alcool coulait des robinets! t'imagine, ce serait débile! En attendant, elle vient en bouteille et c'est ça qui fait du sens.
Tommy Lee Jones : J'abandonne.
Socrate : Lâcheur.
Tommy Lee Jones : Va chier.
Socrate : Non. Maintenant, j'apprécierais que tu parte de chez nous.
Tommy Lee Jones : Ok, bye.
Socrate : Salut.

Mauvaises nouvelles des étoiles



   J'ai reçu ce télégramme. Je savais pas que ça se faisait encore. Le message était clairement codé parce que j'y comprenais rien. Je me suis dis que c'était forcément une erreur sur la personne puisque j'ai jamais reçu de télégramme et que j'y comprenais rien. Je suis passé à autre chose.
   Je suis retourné dans la cuisine. Mes toasts ont brûlés. Je suis allé à la salle de bain, l'eau y a débordé. On sonne à la porte. On cogne à la porte. On insiste sur la sonnette. On frappe plus fort. J'y vais, j'y vais.
   C'est le voisin d'en bas. Son plafond coule. Je lui répond que c'est la peinture qui ne doit pas être sèche. Je répond encore que mes toasts brûlent et ferme ensuite la porte.
   Je reviens à la salle de bain et m'enfonce dans l'eau. Ma carcasse fatiguée est allégée, ça soulage malgré le froid de l'eau qui mord ma peau. J'essaie de m'allumer un cigare mais, peine perdue, ils sont détrempés. Alors j'arrête de fumer, ça ne sert plus à rien. J'aurais aussi voulu le journal mais il est resté sur la table du salon ou le comptoir de la cuisine. Alors j'arrête de lire.
   Quand je me réveille, c'est parce que l'eau m'est entrée par les narines. C'est brutal et désagréable, je ne suis plus aussi confortable dans cette flottaison. Quand je me lève c'est avec lourdeur, c'est à cause des vêtements mouillés cette fois. Comparaison pour comparaison, c'est plus difficile que lorsque j'ai fait pareil de mon lit ce midi.
   Nu, je me coiffe négligemment devant le miroir. J'ai la chair de poule et il n'y a que sous ma barbe de trois nuits que je me sent au chaud. Je baisse les yeux sur mon Mickey. Lui aussi a froid, pauvre de lui. Qu'à cela ne tienne, t'inquiète petite, j'irai te réchauffer au bar, plus tard. Oui, je te le prouverai tout à l'heure.
   Pour le moment, c'est l'heure du cocktail mortail. Contre la vie, c'est mon seul antidote, ma bombe à neutron. Rhum-expresso, suivit de Ricard-vodka, ether et popers. Sans détour ni escale, ligne droite vers la finale. Moi pas rire, je m'enfile le coma éthylique de plein gré, plein fouet.
   Ça cogne à la porte. C'est le plombier. Je lui donne le télégramme en lui disant que c'est pas pour moi puisque j'ai arrêté de lire. Ça va de soit, me dit-il en se penchant sur le papier.


dimanche 21 décembre 2008

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INTÉRIEUR NUIT - TIM HORTON
Un jeune homme, début vingtaine, complète ses achat à la caisse: Une tasse, un sac de café et une carte pré-payée.


EXTÉRIEUR NUIT - STATIONNEMENT TIM HORTON
Le jeune homme, en direction vers sa voiture, s'arrête soudainement.

Jeune homme
(à lui-même)
Mais comment je vais faire pour emballer ces cadeaux pour mes colocs?

Deux hommes, en complet noir, verres fumés et oreillette sortent de la pénombre du stationnement et se dirigent vers le jeune homme.

Agent 1
Monsieur, nous sommes en mesure de vous aider.


INTÉRIEUR NUIT - BUREAUX DU GOUVERNEMENT
Le jeune homme suit les deux hommes en complet, marchant avec fermeté au long d'un grand couloir clair. Il s'arrêtent à une porte, l'un d'eux la déverrouille à l'aide d'une carte magnétique, d'un mouvement sec. Ils entrent tous dans la pièce. La lumière s'allume. Sur une table, au centre de la pièce, se trouve quelques rouleaux de papier d'emballage aux couleurs de la fête de Noël.

Agent 1
Monsieur, tout le nécessaire à votre disposition.

Jeune homme
Wow!

Le jeune homme est maintenant avancé dans l'emballage de ses cadeaux mais, maladroit, l'ensemble donne un piètre résultat.

Agent 1
Si je peux suggérer à monsieur...

Les deux agents sont maintenant penchés au-dessus de la table. Le jeune homme est assit derrière eux et il est incapable de voir ce qu'ils font.

Agent 2
Non, c'est là qu'il faut plier!

Agent 1
Arrête, je sais ce que je fais! J'haïs ça quand tu fais ça!

Agent 2
Je sais mais regarde, juste là! si tu plie pas comme il faut, ça va bomber!

Agent 1
 Fais-le donc si t'es si fin!

Les deux agents montrent maintenant le résultat final au jeune homme. Le tout est impeccable.

Agent 1
Offrez d'abord ce grand paquet à celui avec les cheveux bizarres et l'air con. Ensuite, dites-lui d'ouvrir la carte. L'effet sera saisissant.

Jeune homme
Comment vous savez pour...

Agent 1
Monsieur, nous sommes du gouvernement.


INTÉRIEUR NUIT - APPARTEMENT
Le jeune homme passe la porte et entre, les mains chargées par les paquets.

Jeune homme
Salut les colocs!

Il est maintenant assit devant ses deux colocataires, qui déballent leurs cadeaux. Celui à l'air con sort un pull rouge avec un bonhomme de neige dessus. Il est visiblement désappointé.

Coloc 1
Ah! t'aurais pas dû...

Le jeune homme a un sourire espiègle au visage. Le second colocataire sort de la boîte une tasse et un sac de café. Il est très heureux et sourit au jeune homme.

Jeune homme
Je sais comment t'aime leur café!

Le jeune homme regarde son autre colocataire.

Jeune homme
T'ouvre pas la carte?

Le premier colocataire ouvre la carte de souhait et y trouve la carte pré-payée. Il relève le regard vers le jeune homme et il est tout à fait radieux.

Jeune homme
Tu pensais quand même pas que j'avais des goûts de marde de même! Viens-t'en, on va aller brûler ce torchon-là!



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INTÉRIEUR NUIT - SAQ
Le commis conseille un vin à un couple.

commis
Pour votre beau-frère, je vous suggère celle-ci...


INTÉRIEUR NUIT - MAISON
Assit à la table de la cuisine, l'homme insère la bouteille dans un sac cadeau. Plus tard, il se brosse les dent et de la salle de bain, regarde avec envie le sac posé sur la table.


EXTÉRIEUR NUIT - ENTRÉE DE COUR CHEZ LE BEAU-FRÈRE
La femme arrive à la porte de la maison. Son frère, Jean-Marc, l'accueil chaleureusement.

Jean-Marc
Hey! Joyeux Noël! Entre, entre...

L'homme les regarde alors qu'il ouvre le coffre arrière de sa voiture. Il regarde ensuite le sac cadeau à l'intérieur duquel se trouve la bouteille de vin. Il en sort la bouteille et se mord la lèvre d'envie. Une fois sa femme dans la maison, il regarde autour de lui et de sa poche, tire son couteau suisse. Il déchire nerveusement le plastique recouvrant le goulot. À l'aide du tire-bouchon, il ouvre enfin la bouteille. L'homme prend une longue gorgée à même la bouteille, avec avidité, respirant très fort. Il reprend son souffle, puis colle à nouveau sa bouche au goulot pour une autre grande lampée. Maintenant assit par terre, adossé au coffre de la voiture, un filet de vin lui coule de la bouche alors qu'on entend le verre de la bouteille vide rouler sur le ciment.


INTÉRIEUR NUIT - SALON CHEZ JEAN-MARC
L'homme est debout en face de Jean-Marc. Un peu chancelant, il lui tend le sac cadeau.

Homme
Hey, Jean-Marc! Joyeux Noël!

Jean-Marc déballe le cadeau et y trouve des câbles pour recharger la batterie d'une voiture. Il est surpris et semble ne pas trop comprendre pourquoi l'homme lui donne un tel cadeau. La femme voit la scène de l'arrière-plan et dévisage furieusement l'homme.




jeudi 11 décembre 2008

Rouen







mardi 9 décembre 2008

Dernière Place






Je suis un piano sans cordes  







jeudi 4 décembre 2008

TOP 2008: MUSIQUE



   20 albums parus en 2008 qui m'ont particulièrement marqués. Je ne suis encore pas très sûr si c'est le bon ordre, puisque ce sont des albums assez différents les uns des autres qui se valent tous plus ou moins... Encore une fois, vous n'avez qu'a cliquer sur le nom des artistes pour les écouter, sur les maisons de disque (sauf exceptions) si vous êtes curieux et à la recherche d'autres bons groupes...


1 - Deerhunter - Microcastle + Weird Era Cont. (Kranky)  
+++"Agoraphobia", "Never stops", "Nothing Ever Happened", "Vox Humana" 
2 - Fleet Foxes - Fleet Foxes (Sub Pop)
 +++"White Winter Hymnal", "Quiet Houses", "Your Protector"
3 - Bon Iver - For Emma, Forever Ago (Jagjaguwar)
+++"Flume", "Skinny Love", "For Emma"
4 - TV On The Radio - Dear Science (Interscope)
+++"Halfway Home", "Crying", "Golden Age"
5 - The Walkmen - You & Me (Record Collection)
 +++"Donde Esta la Playa", "On The Water", "Four Provinces"
6 - Animal Collective - Water Curses EP (Paw Tracks)
+++"Water Curses", "Street Flash" 
7 - WHY? - Alopecia (Anticon)
+++"The Vowels Pt. 2", "A Sky For Shoeing Horses Under"
8 - Black Mountain - In The Future (Jagjaguwar)
+++"Stormy High", "Angels", "Wucan", "Wild Wind"
9 - Melvins - Nude With Boots (Ipecac)
+++The Kicking Machine", "Nude With Boots" 
10 - Beck - Modern Guilt (Geffen)  
+++"Chemtrails", "Modern Guilt", "Profanity Prayers"
+++"Good Friend", "A L'orée Des Bois", "Mercy"
12 - Karkwa - Le Volume Du Vent (Audiogram)
+++"Le Compteur", "Échapper Au Sort", "Oublie Pas", "Le Volument Du Vent"
13 - A Silver Mt. Zion - 13 Blues For Thirteen Moons (Constellation)
+++"13 Blues For Thirteen Moons", "BlindBlindBlind"
14 - Cloudland Canyon - "Lie In Light" (Kranky)
+++"Krauwerk", "Lie In Light"
15 - Brendan Canning - Something For All Of Us... (Arts & Crafts)
+++"Something For All Of Us", "Churches Under The Stairs"
16 - Spiritualized* - Songs In A & E (Spaceman Records)
+++"Death Take Your Fiddle", "You Lie You Cheat", "Baby I'm Just A Fool"
17 - Beach House - Devotion (Carpark)  
 +++"Gila", "D.A.R.L.I.N.G."
18 - Clockcleaner - Babylon Rules (LOAD)
+++"Vomiting Mirrors", "Man Across The Street", "Out Of The City"
19 - Gang Gang Dance - Saint Dymphna (The Social Regestry)
+++"Bebey", "First Communion"
20 - Fuck Buttons - Street Horrrsing (ATP/R)
+++"Sweet Love For Planet Earth", "Bright Tomorrow"




Mentions Spéciales:


Serge Gainsbourg - Les Années Psychédéliques 1966-1971 (Le Smoke Disque)
Shadow Music Of Thailand - Artistes Variés (Sublime Fréquencies)






jeudi 27 novembre 2008

CHEER UP CHEER UP MIX UP!


Compilation pour contrer le manque de soleil, c'est le remède énergique. Comme l'informatique et moi faisons deux, je n'ai pas réussit à en faire une version téléchargeable... si quelqu'un saurait comment le faire, les suggestions sont les bienvenues!

Autrement, en attendant, voici le marché: d'ici le 12 décembre 2008, soit pendant deux semaines, je posterai à qui le veut bien le disque de la compile dans un emballage unique et sera aussi incluse en prime une petite surprise différente à chaque envoi.



You Could Be - Torngat
Danse Infernale - Atlas Sound
Take Pills - Panda Bear
Santa Maria Da Feira - Devandra Banhart
White Winter Hymnal - Fleet Foxes
Alleged - The Beta Band
Silberstreif - Michael Rother
Someone Great - LCD Soudsystem
Après moi - Katerine
Houseclouds - Liars
Someday - The Strokes
Queen Bitch - David Bowie
Needles In The Camel's eye - Brian Eno
L'amour Passe À Travers Le Linge - Avec Pas D'Casque
Tropicalia - Beck
Sanddollars - Why?
L'existence Précède La Diésel - Les Breastfeeders
Sweet Jane - The Velvet Underground
Derek - Animal Collective


envoyez-moi votre adresse postale: pintherfiuze@gmail.com

Tuque

   "Pute prude brune brut", c'est toute une phrase difficile à dire. On s'en est rendu compte aujourd'hui avec Thom et on a bien ri.
   Je suis rentré au Port de Tête et É. était bien joyeux, l'éclat dans l'oeil. Il m'explique que je viens de rater un lancement. Je lui demande du tac au tac s'il reste du vin et lui de répondre de me servir. On est à l'aise. Je trouve 2 Bukowski dont un illustré par Crumb. J'en suis bien content. É. me suggère Céline, Louis Ferdinand pas l'autre, auteur que je n'ai jamais lu. J'ai un choix déchirant alors je laisse aller un des Bukowski, l'usagé. É. le feuillette et trouve un vieux 2 piasse en papier entre les pages. Il me fait un rabais équivalant sur mes livres, j'en demandais pas tant. On se met à jaser de la bonne game d'hier, comment O'Byrne fait chier mais qu'il faut l'endurer parce qu'il promet. On verra ben...
   Je rentre dans le wagon de justesse comme les portes se ferment. Mon gros manteau fait de duvet de 23 oies accroche, ma tuque de pouel dans ma poche reste de l'autre bord... faich. Je me revire et je vois la madame avec ses yeux de B.A. qu'elle aurait donc voulu faire. C'est une bonne chrétienne ou une ancienne jeannette certain, ça se voit. C'est sûr que c'est la matante à quelqu'un.
   J'hésite à sortir à l'autre station parce que c'est quand même à Berri qu'est tombée et, diantre, quelles sont les probabilités? Je repense aux yeux à ma mantante et je descends. Il y a du bon en ce bas monde, on le sait.
   Comme le train s'en va, j'entends un bruit de bouteille qui se casse à terre et je me demande d'où ça sort parce que je vois rien autour qui y serait relié. C'est quand je suis sur l'autre rame et que l'odeur de bière renversée m'arrive au nez que je comprends que c'est le dude échoué sur son banc qui a fait ça. Chacun sa manière de marquer son territoire.
   Cette fois-ci je rentre dans le wagon aisément. Pas de trace de ma tuque nulle part, je rentre bredouille. Tant pis. Je regarde autour et quelque chose me frappe: tout le monde a l'air de figurants. Il y a le gars avec les cheveux trendy avec son hood, le chinois de 40 ans les yeux fermés et ses sacs de papier à ses pieds, la femme du même âge avec les grosses lunettes 70 jaunasse qui a sa journée dans le corps, le gars semi-chauve (la couronne) dans le coin, sosie du mari de la policière dans Fargo. Lui c'est le meilleur parce qu'il a même la veste beige du parfait gars de l'arrière-plan. Tout le monde est bien disposé, c'est très photogénique, donc il ne peut en être autrement.
   Fait que je me demande, je suis qui moi dans tout ça? Je sais que je suis pas le personnage principal, ni même secondaire, mon histoire est trop ordinaire. Ahh, j'allume: le gars dans la mi-vingtaine qui lit un livre. Oui, je me cache effectivement derrière mon livre, sans lever les yeux parce que je veux passer inaperçu. J'ai pas envie de regarder autour pis entendre rageusement crier "COUPEZ!" parce que j'ai regardé la caméra et qu'on ait à tout recommencer, j'aurais un peu honte.
   Ça m'agace quand même de savoir c'est qui le personnage principal. On est naturellement attiré par ces êtres mystérieux parce qu'on s'y identifie, et on le cherche encore plus quand on sait pas où il est.
    Je le vois du coin de l'oeil, c'est le gars assit avec le journal sur ses genoux, en plein milieu du wagon. Lui aussi dans la vingtaine, sauf lui c'est un petit sec mais solide, genre travailleur de la construction. Il est vraiment amoché: l'oeil solidement au beurre noir qu'on jurerait du maquillage, les ongles pis le bout des doigts tout noirs comme si ça faisait une semaine qu'il fouille dans terre pleine d'huile à monteur, sa chemise fripée et ses cheveux sales sont autant de détails qui en font le personnage intriguant. Il a visiblement passé un mauvais quart d'heure ou plus, il a l'air épuisé, les clous qu'il cogne en témoignent. C'est Fight Club rencontre Into The Wild, on dirait.
    Je connais pas le reste parce que, de mon bord, faut je débarque. C'est ici que la tech m'a dit qui fallait que je le fasse. On m'a dit qu'en haut je trouverais des muffins et du café. Salaire du figurant.

mercredi 26 novembre 2008

confession

Souvent j'arrive sur fessebouque et je clique sur la barre en bas où il y a les gens en ligne et je voudrais qu'il y ait quelqu'un à qui je puisse spontanément dire "Fuck you!!" et "Va chier!!" sans forcément que ça le vexe... ce serait sympathique.